Le poisson et l’Atlantique - Approches sociales et environnementales, discours et représentations

Du au
Amphi Quesnel - Pôle universitaire Pierre-Jakez-Hélias, Quimper
Visuel de l'affiche

Programme 
(Sous réserve de modification) 

Jeudi 18 juin 2026

  • 8h45 – Ouverture du colloque, mots d’accueil
     
  • 9h - Le poisson et l’Atlantique, objet d’une réflexion scientifique.
    Julien BACHELIER, historien & Yvanne BOUVET, géographe, CRBC, Axe Conscience(s) du maritime
     
  • 9h45 – Première session : Empreintes sociales et politiques
    Antoine RIVAULT, historien, Le poisson de l’hérésie. Les corsaires des guerres de Religion et la pêche en Atlantique (1562-1628)
    Aline EYOMAN, sociologue, Le rôle de la femme dans le secteur de la pêche à l’estuaire du wouri (Cameroun) 
    Sylvaine DERYCKE, Yvanne BOUVET, Maxime DEJEAN - PêcheBorDeMer, Les pêcheurs de loisir en bord de mer en Finistère, retour sur un projet interdisciplinaire (GTI MSHB).
     
  • 14h30 - Deuxième session - Empreintes culturelles 
    Marine DÉSORMEAU, chargée de collections, Pêcher et transformer le requin. Les collections du musée national de la Marine 
    Claire CESBRON, médiatrice culturelle, Musées en mouvement : penser les enjeux maritimes contemporains à partir des collections"
    Johan VERDIER, Le Musée de la conserverie, entre défi communal et atout touristique du territoire
    Anna LATIMIER, Haliotika, un centre d’interprétation de la pêche au cœur d’un port de pêche
     
  • 17h30 - Projection-Débat
    Petits Graviers de Saint-Pierre, un passé recomposé entre Bretagne et Saint-Pierre-et-Miquelon, documentaire de Laurent GIRAUDINEAU, réalisateur, et en présence d’Alexis GLOAGUEN, écrivain, porteur de ce travail de recherche sur les graviers de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Vendredi 19 juin 2026

  • 9h  - Troisième session - Empreintes animales
    Julien BACHELIER, historien, De la mer au marché. Le poisson dans la Bretagne médiévale.
    Émilie MARIAT-ROY, ethnologue, Poissons et déchets d’industrie halieutique : usages, flux, évolutions (Islande)
    Anatole DANTO, anthropologue, L’embouchure ligérienne et les migrations transatlantiques : vers des représentations atlantistes des migrateurs amphihalins et de leurs pêches ?
    Françoise PENCALET, historienne, Changement des milieux, une espèce disparait, une espèce apparait, exemple de la Langouste pêchée par les pêcheurs bretons.
    Pascal LE FLOC’H, économiste, Une approche néo-institutionnaliste des systèmes de gestion des pêches en Europe et en Amérique du Nord
     
  • Exposition « De la mer à la boîte, l’art de la conserve » 
    proposée par Jean-Christophe FICHOU, Florent MIANE, Yvanne BOUVET, Hall du pôle PJ Hélias.
     
  • 14h30 – Quatrième session - Empreintes paysagères 
    Alain VILBROD, sociologue, D’une ville-port-de-pêche à une ville avec un port de pêche : Douarnenez, ses pêcheurs et ses conflits d’usage 
    Dosso YAYA, géographe, Inégalités sociales et vulnérabilités dans le travail de la pêche artisanale à Sassandra (Côte d’Ivoire) 
    Marie DELISLE, géographe, Penser le maritime depuis l’usine : Penn Sardin et hiérarchies patrimoniales de la sardine à Douarnenez
    Kelig Yann COTTO, De Douarnenez au banc d’Arguin, collaboration dans un contexte post-colonial
     
  • 17h30 - Conclusion

Inscription avant le 12 juin

Thématique : 
L’Atlantique, à l’image de tous les océans, est soumis à des transformations de ses milieux de vie, portées par l’intensification des activités anthropiques qui y produisent ressources alimentaires, énergies, sables et minerais, en augmentant les liaisons en surface (échanges commerciaux de marchandises, de touristes, pratiques de loisirs et de performance sportive), comme ses usages en profondeur (câbles, extractions minières, pollutions). Les conséquences des changements climatiques se lisent aussi dans les transformations des milieux marins et littoraux, dans les mouvements des espèces marines qui migrent à travers l’Océan, suivant les masses d’eau, bouleversant les écosystèmes autochtones (où sont les petits pélagiques ? retour du thon rouge, gélification de certaines mers, …).    

En choisissant de faire le lien entre le poisson (espèces marines en général) et les espaces de l’Atlantique, le temps de réflexion et d’échanges que nous proposons permettra de souligner l’empreinte que la présence, le prélèvement, la production, la transformation, les échanges et la consommation du poisson laissent dans les lieux et dans les organisations humaines. En partant de la Bretagne (journée d’études de juin 2024, Le poisson, acteur de la construction sociale, culturelle et territoriale de la Bretagne), où les activités halieutiques marquent autant les paysages que les sociétés, nous souhaitons élargir le regard à l’ensemble des espaces atlantiques du nord au sud, tant autour des mers et côtes européennes et africaines que mers et côtes américaines. Il s’agit de remettre l’océan à sa juste place, au centre. En changeant d’échelle, ce sont d’autres regards, d’autres approches qui donnent à comprendre la place prise par l’activité halieutiques, tant dans la distribution des espèces, dans leur mode d’exploitation, de consommation, que dans leurs représentations actuelles et anciennes.
Un siècle après les revendications sociales et politiques portées par les ouvrières des conserveries de la Bretagne sud, ce colloque permettra en particulier de présenter les recherches en sciences humaines, sociales et environnementales sur la place du poisson tant par ses usages et ses représentations que dans l’organisation politiques, sociales, culturelle et économique des espaces atlantiques, de l’Antiquité à nos jours.

Les espèces vivantes marines sont exploitées depuis que les humains sont installés sur les rivages. Le poisson peut être un marqueur archéologique et historique de la présence de sociétés ichtyophages, indicateur d’échanges entre territoires, de créations d’aménagements littoraux et d’espaces portuaires, d’organisations sociales et communautaires ainsi que de représentations culturelles voire cultuelles. La pêche comme l’aquaculture, d’abord vivrière puis commerciale, ont pris un essor avec le développement des activités capitalistes et la globalisation des échanges, qui peut se lire dans les territoires et aussi se traduire par des représentations artistiques.

A travers l’exploitation des espèces marines, ce sont des usages qui se sont construits marquant tant les paysages que les sociétés. La pêche laisse des empreintes non seulement dans des lieux (ports, usines, chantiers, …), dans les modes d’organisation sociale qui s’inscrivent dans des continuités (ce qu’on désigne parfois rapidement par le terme de « traditions ») et aussi de ruptures liées à des transitions, parfois écologiques, souvent économiques et sociales. Une mise en perspective centrée sur les espaces atlantiques, regardés à différentes époques, à travers les sciences sociales et environnementales, peut ouvrir des chemins d’analyse et accompagner les changements que vivent les sociétés maritimes notamment les liens entre humains et entre humains et non-humains.

Dans le cadre de l’axe 3 du CRBC, « Conscience(s) du maritime », ce colloque international veut poursuivre la mise en visibilité des recherches portant sur la mer en nous inscrivant dans les manifestations scientifiques et culturelles organisées pour l’Année de l’Océan.
Nous souhaitons ainsi présenter les recherches en sciences humaines et sociales sur la place du poisson et des produits de la mer comme acteurs de la construction sociale, culturelle, politique, territoriale, voire identitaire de territoires de l’Atlantique.

C’est à travers les empreintes sociales, politiques, culturelles, animales et paysagères que laissent dans les lieux et les organisations humaines la présence, le prélèvement, la production, la transformation, les échanges, les consommations et usages des espèces marines vivantes que nous proposons d’organiser les présentations.

Affiche du colloque
Affiche de la projection du documentaire

Projection-débat du documentaire Les petits graviers de Saint-Pierre, de Laurent Giraudineau, le 18 juin à 17h30.
L’écrivain breton Alexis Gloaguen part sur les traces de son ancêtre à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il va y retrouver son fils, guide naturaliste sur l'archipel et à Terre-Neuve, et lui transmettre le fruit de son enquête en Bretagne. De Brest à Saint-Malo en passant par le pays de Paimpol, il a retrouvé des photos, des documents d’archives, quelques textes et chansons d’époques ; les preuves que leur aïeul fait partie de ces dizaines de milliers d'enfants qu’on envoyait faire sécher la morue dans les pires conditions de l'autre côté de l'Atlantique durant plus d'un siècle. Certains sont restés sur l'archipel et y ont fait souche. Un chapitre méconnu, oublié, voire effacé, de l'histoire de la grande pêche française à Terre-Neuve (Documentaire, 2025, 52 mn).