Ingénieur de Recherche Hospitalier

Le prurit, cette sensation désagréable qui provoque le besoin de se gratter, n’est pas exclusif aux maladies dermatologiques : des patients souffrant de maladies hépatiques, rénales ou hématologiques par exemple en souffrent également sans que les mécanismes d’induction soient clairement définis. C’est le cas du prurit aquagénique (PA) dans les néoplasies myéloprolifératives (NMP). La physiopathologie de ce prurit déclenché après un contact avec l’eau (douche, sueur, piscine…) est totalement inconnue et de ce fait sa prise en charge souvent difficile et inefficace. Pour ces patients ce prurit est plus qu’un simple symptôme, il handicape leur quotidien, altère leur qualité de vie et nous avons montré qu’au-delà de cela, souffrir d’un PA révélait également une maladie plus agressive (risques de thromboses et dévolution en leucémie accrues dans les thrombocytémies essentielles par exemple). Sa prise en charge dès le diagnostic est donc importante.

Un protocole clinique de phase 3 (NCT03808805) actuellement en cours va nous permettre, nous l’espérons d’1) de trouver une solution thérapeutique efficace pour ces patients grâce à l’utilisation de l’Aprépitant (un inhibiteur spécifique du récepteur à la substance P, neuropeptide essentiel dans la l’induction du prurit) et de 2) mieux comprendre sa physiopathologie grâce à l’analyse de l’innervation cutanée et des récepteurs au prurit sur des biopsies de peau ainsi qu’à l’analyse de marqueurs cytokiniques plasmatiques.

culture cellulaire, immunomarquages, analyses biochimiques