EHG
Résumé de l’inédit :
Cette recherche interdisciplinaire a pour objectif de retracer l'évolution de notre rapport à la lumière artificielle, ce qui modifie par conséquent notre relation à la nuit, révélant des transformations en termes d’aménagements et de pratiques de l’espace. Elle analyse comment la sensibilisation à l'environnement a eu un impact majeur sur cette évolution, tout en soulignant les tensions sociales et sécuritaires qui en découlent. Par ailleurs, elle examine de nouvelles perspectives sur la nuit urbaine, où la requalification de l'excès de lumière a été un des changements les plus marquants : ce qui était auparavant considéré comme une « nuisance » est dorénavant perçu comme une forme de « pollution », plus précisément la pollution lumineuse. Cette requalification a donné lieu à un débat sur la lumière artificielle, soulevant des questions dans trois domaines principaux : écologique, sécuritaire et politique. Dans ce manuscrit, je montre comment les outils d'aménagement du territoire sont conçus en lien avec l’éclairage artificiel et, plus largement avec la pollution lumineuse. Par exemple, la Trame noire sert d'outil d'aménagement visant à préserver ou à recréer des corridors écologiques sombres, essentiels pour le déplacement et la préservation de la faune nocturne. Toutefois, l'implémentation de politiques visant à réduire ou moduler l'éclairage se heurte souvent à des résistances, en raison de préoccupations liées à la sécurité.
Ainsi, j'ai analysé les représentations et les perceptions selon lesquelles un éclairage plus intense garantit une meilleure sécurité. Cependant, nous avons reconfirmé que le sentiment de sécurité est en réalité une construction beaucoup plus complexe, qui n'est pas seulement déterminée par la quantité de lumière. Elle renvoie également à des dynamiques sociales qui reflètent des rapports de genre asymétriques concernant l'usage et la présence dans les espaces publics, notamment entre les hommes et les femmes.
Je démontre également l'intérêt d'élargir les recherches sur la pollution lumineuse et les activités humaines, notamment dans leszones littorales en s’intéressant à la pratique touristique et les impacts que celle-ci peut avoir sur l’augmentation de cette pollution.