Podcast "20 petites histoires pour 50 ans d'UBO"

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Radio U - Chaque mercredi à 17h30
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En 2021, l’Université Bretagne Occidentale fête son demi-siècle. Nul ne peut dire ce qu’elle sera dans 50 ans - ni même si les universités publiques existeront encore – mais en cette année 2021, il est possible d’entendre des récits, des souvenirs, des témoignages d’hommes et de femmes qui ont passé de quelques mois à de nombreuses années dans cette université. De réforme en réforme, la petite université mal logée des débuts n’a cessé de s’agrandir, de voir le nombre d’étudiants et d’étudiantes, d’ici et d’ailleurs, s’accroître.  De voir aussi les formations les plus diverses s’ouvrir et des postes se fermer. Celles et ceux qui prennent ici la parole ont rarement une page Wikipédia à leur nom qui signalerait leur rôle dans l’université mais cette université ils et elles l’ont fait vivre, la font vivre au quotidien.

Les podcasts seront diffusés sur l'antenne de Radio U chaque mercredi à 17h30 à partir du 6 octobre (et donc jusqu'au 29 décembre). Par la suite chaque épisode sera mis en ligne sur une page podcast dédiée sur notre site internet.
Ils seront également mis en ligne sur le site Murmures.org avec une chaîne dédiée, ce qui permettra de les retrouver sur les plateformes de podcasts comme Deezer, Spotify, Apple Podcast et Google Podcast.
La musique de l'habillage sonore est "Brest Bay" par Stand High Patrol dont le chanteur et compositeur Pupajim (de son vrai nom Jean-Marie Cariolet) est passé par l'IUEM.
Podskignad « 20 istorig evit 50 vloaz an SBI »

E 2021, Skol-veur Breizh-Izel a lid he hanter kantved. Den ne oar petra e vo a-benn 50 vloaz, nag hag-eñ e vo c’hoazh eus ar skolioù-meur publik zoken. Met er bloaz 2021 e c’haller c’hoazh klevet danevelloù, eñvorennoù, testenioù paotred ha merc’hed o deus tremenet un nebeud mizioù pe bloavezhioù hir er skol-veur-mañ. Eus an eil adreizh d’eben, ar skol-veur vihan lojet fall eus gwechall n’he deus ket paouezet da greskiñ, da gaout muioc’h-mui a studierien ha studierezed  alemañ hag alehont. Digoret ez eus bet stummadurioù a bep seurt, serret ez eus bet postoù. Ar re a gemer ar gomz amañ n’o deus ket alies ur bajenn Wikipedia en o anv a verkfe o roll er skol-veur, met ar skol-veur-se o deus lakaet da vevañ hag a lakaont da vevañ bemdez.

Liste des 13 épisodes

En 2021, dire cité universitaire, cité U, ou restaurant universitaire, resto U, c’est dire qu’on est dans une ville où il y a une université. Mais avant 1971, à Brest, ce n’était pas le cas : il était possible d’être étudiant, de vivre en cité universitaire dans une ville sans université. Mais où il y avait, curieusement, des collèges. Des collèges universitaires.  Il n’y avait plus de GI dans les rues de Brest, mais encore des baraquements pour abriter population et institutions.  La guerre n’était pas si loin, la reconstruction de la ville n’était pas achevée. La pointe bretonne comptait à ce moment-là fort peu d’étudiants non finistériens, fort peu d’étudiants étrangers que l’on appellera en 2021 des étudiants internationaux.  Camille Kerlan, qui a passé son enfance dans le Sud Finistère, était étudiant au collège universitaire scientifique, devenu éminent virologue, a écrit deux petites histoires qui racontent ce qu’il appelle, en 2021, avec humour, des rencontres interculturelles.  Notamment avec Kofi Yamgnage qui, lui, a grandi au Togo, et qui fera une belle carrière politique : maire, puis secrétaire d’Etat, conseiller régional, député.  Toujours fidèle au Finistère.  Écoutons d’abord la première de ces rencontres entre une promotion et un enseignant.

Camille Kerlan - Kofi Yamgnane

Au vingtième siècle quand la province ne s’appelait pas encore territoire, on pouvait commencer ses études dans un collège universitaire et les finir dans une université sans s’en rendre compte. Quand elles se sont inscrites, en 1969, dans un collège universitaire, Annick Trinquet comme Josette Brenterch avaient pour objectif d’obtenir une licence en trois ans. La première garde un souvenir vivace d’une enseignante atypique, qui deviendra une ministre qui marquera l’histoire des universités françaises. La seconde quittera le collège devenu université avec des convictions politiques chevillées au corps et une formation qui lui a permis d’enseigner en lycée dans des filières nouvellement créées.

Annick Trinquet - Josette Brenterch

Quand l’université annonce ses Portes Ouvertes, le public est invité à entrer par les grandes portes des halls. Mais l’Ubo compte de nombreuses portes, de nombreux bâtiments installés sur plusieurs sites en Bretagne Occidentale. Des portes franchies par étudiantes et étudiants mais d’autres plus discrètes franchies par les personnels de l’Ubo, notamment les personnels administratifs et techniques. Certains de ces salariés connaissent bien le patrimoine de l’Ubo, la diversité de ses services, de ses composantes, aussi appelées facs ou ufr. Derrière une porte de secrétariat, on rencontre Sylvie Simon qui conserve soigneusement la collection complète des Tohubo, journal papier de l’Ubo qui donnera des informations sur la vie de l’université des années durant avant l’apparition des news letters. Puis on entendra Olivier Lannuzel qui nous ouvrira d’autres portes.

Sylvie Simon - Olivier Lannuzel

Dans leur grande majorité, les étudiantes et étudiants inscrits dans les collèges universitaires qu’ils soient scientifique, ouvert en 1959, ou littéraire, en 1960, n’ont pas vraiment perçu le passage entre collège, faculté, et université, dès lors qu’ils pouvaient obtenir en restant dans le Finistère, à Brest, une licence. La situation était différente pour les jeunes enseignants qui ont appris à devenir enseignants-chercheurs. A l’université, il s’agit de faire de la recherche et de former les étudiantes et étudiants à la recherche.
Marcel Diouris, maître de conférences en physiologie végétale, a accompli ce parcours et davantage encore en s’inscrivant lui-même comme étudiant en breton au moment de la retraite. Ecoutons le raconter cette histoire qui ne pouvait se dérouler qu’à l’Université Bretagne Occidentale.  

Marcel Diouris

Les salarié.e.s des universités sont parfois appelés agents.  Nelly Kervarec pourrait être appelée « agent de liaison ». Arrivée à l’Ubo, en 1990, titulaire d’un BTS, elle a été recrutée comme technicienne au département de chimie. Son intérêt pour la résonnance magnétique nucléaire l’a amenée à passer du côté de la recherche. Elle a rapidement participé à faire la liaison entre recherche et formation. Ses postes d’assistante-ingénieure, puis d’ingénieure d’études, lui ont fait faire d’incessantes liaisons entre disciplines. Et entre l’université et des services, des équipements des collectivités territoriales. Elle défend l’idée que c’est la connaissance de la diversité des métiers exercés dans l’université qui permet de comprendre que l’université n’est pas un grand lycée mais un établissement indispensable au développement de la Région.

Nelly Kervarec

Arriver à Brest, pour Simone Pennec, signifiait passer de la recherche en sciences sociales sur les transformations dans le monde du travail à la construction de formation pour les salariés. Le service de la formation continue est naissant quand elle se présente sur un poste de chargée de mission. Ce service répondra aux attentes de formation de plans nationaux comme aux attentes des secteurs d’emploi locaux en mobilisant les sciences sociales.  La formation continue est aussi un service où se fabrique la recherche.  Simone Pennec deviendra une enseignante-chercheure réputée, spécialiste des questions de vieillissement. Elle défendra tout au long de sa carrière le droit à l’éducation permanente. En commençant par défendre la possibilité d’accéder aux études supérieures sans avoir le bac.

Simone Pennec

Quand l’université est dans la ville où l’on travaille déjà, où vit la famille que l’on a construite, il est alors moins difficile de passer d’un monde professionnel à un autre quand le secteur d’emploi se transforme, que les postes disparaissent.  Hervé et Stéphane sont issus de familles dans lesquelles la question ne se posait pas : l’un comme l’autre devaient travailler à l’arsenal. Et donc suivre les formations adéquates. La restructuration de l’arsenal de Brest leur a permis, en venant à la fac, de suivre des formations correspondant à leurs intérêts, à leurs goûts. Ils ont passé une première étape en franchissant la porte de la formation continue pour passer le diplôme d’accès à l’université.

Hervé L’Hostis & Stéphane Ac’h

On entend souvent parler de la fac de médecine pour dire qu’il est difficile d’y accéder et de passer le cap de la première année. Mais qui sait ce que découvrent les étudiants et étudiantes en 5ème année à Brest en se rendant dans un cours auquel ils, elles, ne s’attendaient pas ?  Le professeur Christian Berthou, hématologue, s’intéresse tout particulièrement à la relation patients-médecin. Il a invité la directrice de la compagnie A Petits Pas, Léonor Canales, à participer à la formation des futurs médecins. Comédiens et comédiennes, incarnant des patients, donnent la réplique aux médecins de demain.

Christian Berthou
Léonor Canales

C’est entendu : une cafétéria universitaire ne ressemble pas au bar du Ritz. Odile Derrien, employée de restauration, connaît les deux univers. Elle est passé du  service en palace au Crous. Comme le professeur Berthou, elle croit aux vertus des relations sociales, aux potentialités de l’empathie. Dans l’épisode précédent, nous avons entendu Christian Berthou et Léonor Canales affirmer qu’un parcours de soin s’inscrivait dans un parcours de vie. Ecoutons Odile Derrien expliquer qu’un parcours universitaire s’inscrit aussi dans un parcours de vie. Mais si la simulation relationnelle est soutenue en médecine, Odile, forte de ses 27 années d’expérience au Crous, voient les conditions qui permettent la construction de liens sociaux entre tous les usagers de l’université se dégrader.

Odile Derrien

Odile Derrien a expliqué qu’elle a pu revoir au comptoir des anciens et anciennes de l’Ubo, étudiants ou personnels, car la cafet de la fac de lettres est en centre-ville.  Cette fac qui s’appelle plus précisément, Ufr, unité formation-recherche en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales, a été installée en centre-ville, sur la volonté des responsables politiques et universitaires du début des années 1990, pour ramener des étudiants et étudiantes dans le centre et permettre ainsi d’animer la Ville. D’autres Ufr, et tout particulièrement les Staps, Sciences et techniques des activités physiques et sportives, ont la réputation d’animer le centre. Pas tant pour montrer leurs compétences sportives que pour rappeler que le nombre sans cesse croissant d’étudiants devrait être accompagné par l’augmentation du nombre d’enseignants.  Manon Pellen n’est pas passée par la case 1ère année mouvementée. Pionnière, elle a expérimenté de faire un master Staps en alternance.

Manon Pellen

Janick Tilly et Sébastien Portier ne se connaissaient pas dans la décennie 90 quand ils étaient étudiants à l’Ubo. Ils n’étaient pas inscrits dans la même fac. Sébastien était en lettres, Janick en fac de droit- sciences économiques. Sébastien, passionné d’histoire, voulait devenir prof d’histoire. Janick ne savait pas trop ce qu’elle voulait faire. Sébastien n’est pas prof. Janick a compris en cours de formation ce qu’elle ne voulait surtout pas devenir. En 2021, ils se croisent parfois, dans le Finistère, car tous deux mobilisent leur formation universitaire en exerçant des métiers dont ils ignoraient l’existence quand ils étaient étudiants. On peut dire qu’ils sont, depuis plusieurs années, des acteurs culturels incontournables.

Sébastien Portier
Janick Tilly

L’histoire de la création de l’Université Bretagne Occidentale se confond avec celle de la création du laboratoire bien connu sous le sigle CRBC, Centre de recherche bretonne et celtique. Depuis que l’enseignement du breton et l’étude de la littérature bretonne existent de multiples questions sont posées par les enseignants-chercheurs. Leurs recherches sont utiles à qui ne veut pas se perdre dans les débats idéologiques sur les cultures régionales. Yves Le Berre a donné son premier cours en breton au temps des collèges universitaires, avant la naissance de l’Ubo. Elisabeth Chatel est née il y a 25 ans. A mi-parcours de l’université qui célèbre ses 50 ans. Comment étudie-t-elle le breton aujourd’hui ?

Yves Le Berre
Elisabeth Chatel

Dernier épisode. Dernier portrait. Les étudiants de 2021 ne ressemblent guère aux étudiants de 1971. Plus personne ne s’étonne d’entendre différents accents, voire différentes langues. Il est rare aujourd’hui d’entendre des étudiantes ou étudiants ou des personnels parler familièrement breton, à table, au RU, ou dans les couloirs. Les étudiants et étudiantes, qui, de toute évidence, n’ont grandi dans le Finistère sont nombreux. On ne les appelle plus depuis longtemps étudiants étrangers mais étudiants internationaux, ou étudiants en mobilité. Pour les étudiants de 2021, comme cela l’était pour Camille Kerlan, le virologue, et Kofi Yamgnage,  l’homme politique,  étudiants avant l’Ubo, les échanges avec les personnels du Crous restent « essentiels ». Comme en témoigne Abdoubi Kerfaoui.

Abdoubi Kerfaoui

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